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6 min de lecture · Cédric Herreras

Chance ou méthode ? Ce que le Mexique m’a appris sur la duplication

Après le Portugal, j’ai souvent entendu la même phrase : « Tu as eu de la chance. » La proximité, la diaspora, le bon timing. Je n’ai pas débattu. J’ai ouvert le Mexique. Douze mois plus tard, l’équipe atteignait le CAP 100. La chance, visiblement, supporte bien le décalage horaire.

La question qui pique

Je comprends la remarque. Le Portugal, c’est à deux heures d’avion. Il y a une diaspora portugaise importante en France. J’y vis une partie du temps. Vu de l’extérieur, on peut se dire que les planètes étaient alignées.

Alors je me suis posé la question honnêtement : est-ce que c’était de la chance, ou est-ce que c’était une méthode ? Parce que la réponse change tout. La chance, ça ne se transmet pas. Une méthode, si.

Le Mexique était le test parfait. Un autre continent. Un autre fuseau horaire. Une autre culture du travail. Pas de diaspora sous mes fenêtres. Si la même méthode fonctionnait là-bas, alors le Portugal n’était pas un coup de chance.

Premier niveau lancé en décembre 2024. CAP 100 atteint en décembre 2025. Même méthode. Je vous laisse conclure.

Faire, faire faire, enseigner à faire faire

Pour comprendre la duplication, il faut revenir à mon début chez iad. Janvier 2013. Après des années en agence traditionnelle, je pensais savoir vendre. Première année : une seule vente. De quoi rester humble.

C’est en avançant que j’ai découvert ce que je construisais vraiment : un réseau. Et qu’un réseau ne repose pas sur ce que vous faites, mais sur ce que les autres sont capables de refaire sans vous.

D’où la méthode que j’applique partout. Faire : vous devez maîtriser le métier vous-même, sinon personne ne vous suit. Faire faire : vous accompagnez quelqu’un jusqu’à ce qu’il réussisse à son tour. Enseigner à faire faire : vous apprenez à cette personne à accompagner les autres. C’est la troisième étape qui crée la duplication. Les deux premières, beaucoup de bons managers les maîtrisent. La troisième demande de lâcher prise.

Au Mexique, je ne pouvais pas tout faire moi-même. Le décalage horaire s’en est chargé. Il a fallu enseigner à faire faire dès le départ.

Le relais local, pièce maîtresse

Tout repose sur une personne : le relais local francophone au premier niveau. Quelqu’un qui connaît le pays de l’intérieur et avec qui je peux travailler sans traducteur, ni dans la langue ni dans la tête.

Avec ce relais, le cadre est le même qu’au Portugal. Un point chaque semaine, à heure fixe, en tenant compte du décalage. Une visio mensuelle avec toute l’équipe. Un déplacement chaque trimestre pour former en présentiel. Et des présentations d’opportunité chaque semaine, sans exception.

Ce cadre a l’air rigide. Il est surtout rassurant. Quand vous êtes à des milliers de kilomètres, la régularité remplace la présence. Votre équipe sait quand elle vous verra, quand elle pourra poser ses questions, quand elle sera formée. Elle n’attend pas un hypothétique « je passerai bientôt ».

Et mon rôle change. Je ne suis plus celui qui fait. Je suis celui qui forme le relais à former les autres. C’est moins visible, et c’est beaucoup plus puissant.

Dupliquer sans copier

Attention au piège. Dupliquer, ce n’est pas photocopier. Si j’avais débarqué au Mexique avec mes slides françaises traduites et mes exemples de Provence, je serais reparti bredouille.

Dans mon livre, « Réussir à l’international », j’écris que ce qui fonctionne localement peut se dupliquer à condition de le tropicaliser. Ce qui ne change pas : les rituels, le rythme, l’exigence, l’honnêteté sur ce que le métier demande. Ce qui change : les mots, les exemples, la façon de créer la confiance, le temps qu’on prend avant de parler business.

J’ai laissé le relais choisir le ton. J’ai posé des questions avant de donner des réponses. Et j’ai accepté que certaines de mes certitudes françaises n’intéressent personne là-bas.

Bâtir une équipe internationale n’est pas plus compliqué. C’est juste une méthode différente.

Ce que le CAP 100 m’a vraiment appris

La régularité bat le talent. Les semaines où rien ne bouge sont celles qui préparent les mois où tout s’accélère. Si vous arrêtez les présentations hebdomadaires parce que « ça ne donne rien », vous coupez la branche.

Le bon relais vaut plus que le bon marché. Un marché porteur avec un relais fragile, ça s’essouffle. Un relais solide trouve des solutions, même quand le marché est difficile.

Enfin, et c’est peut-être le plus important : ce résultat ne m’appartient pas. Il appartient à une équipe qui a appliqué une méthode avec sérieux. Je n’ai fait que poser le cadre et tenir le rythme. C’est précisément pour ça que c’est reproductible.

Questions fréquentes

Peut-on développer une équipe au Mexique depuis la France ?
Oui, c’est ce que j’ai fait. Le point hebdomadaire avec le relais, la visio mensuelle et le déplacement trimestriel permettent de garder le lien malgré la distance et le décalage horaire.
Quel profil chercher pour le relais local ?
Quelqu’un de francophone, ancré dans le pays, qui a envie de construire et accepte d’être formé pour former. L’expérience immobilière aide, mais la régularité et l’envie de transmettre comptent davantage.
Combien de temps avant de voir des résultats ?
Au Mexique, il s’est écoulé douze mois entre le lancement du premier niveau et le CAP 100. Mais je me méfie des promesses de délai : chaque pays et chaque relais a son propre rythme.

Votre prochain terrain de jeu

Si vous lisez cet article, vous avez sans doute déjà une idée derrière la tête. Un pays, un contact, une envie. La bonne nouvelle, c’est que vous n’avez pas besoin de chance. Vous avez besoin d’une méthode et de quelqu’un qui l’a déjà éprouvée.

Je serais ravi d’en discuter avec vous, pour voir comment cette approche pourrait s’appliquer à votre projet.

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